Celui qui sait s’arrêter ne périclite jamais.

– Lao Tseu

Je peux te l’avouer maintenant, j’ai compris cet adage à mes dépends ! Je vais t’en dire plus, car comme tu le sais, l’expérience ne vaut que si elle est partagée. Ne te méprend pas je ne viens pas te donner une leçon de vie, je ne m’expose pas, je partage … pour paraphraser @sweetvanlife dans ses voeux 2019 !

J’ai par le passé convoité tout ce que je n’avais pas eu dans mon enfance. Aussi bien toutes ces chimères issues du modèle bien pensant, que tout ce matériel, que toute cette reconnaissance, que, que, que… que tout ce que l’ego peut exacerber de plus fort en toi pour te prouver que tu existes, que tu es « quelqu’un de bien » !

A mes dépends te disais je ? Oui, car cette course effrénée contre toi-même est une course sans fin. Il n’y aura jamais de gagnant.

Plus, toujours plus, rien ne t’arrête, rien ne te contente… un peu comme cette course incessante à la « perfection »… Tu sais cette petite voix qui te dit tout le temps, tu peux faire mieux, vas-y encore, ajuste, ce n’est pas encore parfait ! Parfait ? Seule la nature est parfaitement parfaite, personne d’autre, surtout pas toi !

Alors oui, de temps en temps il faut avoir conscience de tout cela, se dire que tu n’auras pas mieux, non pas que tu renonces ou que tu sois défaitiste, mais simplement regarder le verre à moitié plein : ce que tu as est déjà formidable, apprend a être heureux avec, arrête toi, contemple, sois fier de toi !

Apprend à être plus modeste dans tes ambitions ! Je peux te l’assurer te dire çà aujourd’hui me fait doucement sourire, moi qui ai été bouffé par l’ambition depuis mon plus jeune âge. J’ai toujours crû que le manque d’ambition était une tare réservée aux plus faibles… Quel imbécile ne fus je pas !

Tu peux le dire oui, même un « gros con » … j’assume ! Mais tu vois en disant çà je ne me flagelle pas, je te livre juste ici ma compréhension. Je me suis trompé, je l’admets… c’est le 1er pas vers la « guérison » !

S’arrêter, analyser, se remettre en question, s’avouer que l’on a eu tort, ou dit autrement que l’on a pas toujours raison.

Là encore je vais te paraitre trivial, mais tu sais, admettre que tu t’es trompé, que tu as pris le mauvais chemin n’est pas une faute grave ! Ça ne remet pas en cause ton existence, pas besoin de te retourner l’esprit encore et encore – et si j’avais fait autrement ? Et pourquoi si ? Pourquoi çà ? Pourquoi moi ? – c’est bien peu de chose à l’échelle de l’univers, prend un peu de hauteur, détache toi de tes simples problèmes de « riche », observe sous un autre angle… et puis bordel, lâche prise ! Tu n’es pas le centre de l’univers ! Tu t’es trompé ? Bon alors ? Tu continues à te lamenter, posé la à pleurer sur ton propre sort ? Avance, passe à autre chose, essaie, construit différemment… oublie le regard scrutateur de l’opinion, vis ta vie, comme tu l’entends, celle qui t’apporteras plénitude au jour le jour !

Ce n’est pas simple, je te le concède. J’ai quasiment possédé tout ce que j’ai toujours convoité et peut être même plus, mais ce que je n’avais pas imaginé dans mes plans c’était bel et bien que la maladie, elle aussi, faisait partie de ce schéma. Tu sais, cette maladie dont seuls les peuples riches sont adeptes, la maladie psychologique ! Je ne vais pas te refaire l’histoire, craquage, burn out, dépression, la rue… le néant, la mort…

Regarde le chemin parcouru. Tu vois tout ce que je possède est là devant toi, mon vieux van en bois, quelques plantes grasses, des vieux bocaux, ma planche de surf… des photos de mes enfants… et crois-le si tu veux, mais je vis un bonheur incommensurable… je ne sais pas comment te l’expliquer… pour certains je suis un paria, un marginal, un « fou ».

Oui fou, d’avoir réaliser mon rêve de gosse, d’être nomade, comme l’ont été de nombreuses civilisations avant nous, allant vers l’autre, vers la rencontre en prenant le temps de vivre, de partager, d’échanger… de s’arrêter ! J’ai revu mes ambitions, je suis revenu à une vie plus modeste, plus modeste également dans mes aspirations, mes ambitions et je suis heureux.

En écrivant çà je sais que je vais « trouer le cul » à tous mes détracteurs qui me lisent sans se dévoiler et qui me jugent, mais sois honnête, combien de fois dans ta vie te léves-tu en te disant que tu es pleinement épanoui, que rien ne te manque… même pas le doux bruit d’une douche chaude ?!?

Haut les coeurs, les amis ! L’homme ne vit qu’une vie, la sauterelle qu’un automne ! Choisis ta vie et vis ! Belle année… qu’elle puisse être celle où enfin tu commences à exaucer tes rêves !