Constater par soi-même est préférable que cent ouï-dire.

– Proverbe japonais

Après les contrées sauvages du nord du Portugal, à nous le Sud ! On s’était dit Faro, pourquoi je ne sais pas … ce nom que tu entends si souvent lorsque tu parles du Portugal… probablement qu’il signe la fin de l’Europe laissant ainsi libre court à l’imagination, aux rêves de voyage… bref toujours est-il que notre destination finale c’est Faro !

Même si nous adorons la montagne, la nature sauvage, les lacs, les rivières… ce que l’on aime encore plus c’est l’océan… pourtant je peux te dire que l’on ne manque pas d’iode, nous sommes de gros privilégiés, habitant une bonne partie de l’année à moins de 30 minutes de l’océan pour les enfants…. Quant à moi tu le sais, j’habite la majeure partie du temps sur les parkings de plage !

Alors, nous quittons Montargil pour rejoindre l’océan et enfin nous baigner – et savoir aussi, si la légende de l’eau froide au Portugal est bien réelle ! 

« Papa c’est loin la plage ? » Si tu as des enfants tu connais parfaitement cette ritournelle …. Que tu fasses 10min ou 5h de route, tu y as  droit à toutes les sauces ! Comme je te le disais précédemment, nous avons choisi d’éviter toute la baie de Lisbonne ainsi que l’estuaire du Sado pour arriver juste en dessous, à Comporta.

Là encore ne me demande pas pourquoi Comporta … tout comme Antonio me l’a demandé… je te fais la même réponse… « je ne sais pas »… ce nom je l’ai déjà entendu cent fois… Comporta où la ville des retraites Yoga, du bien-être… à quelques encablures de Lisbonne.

Après des centaines de kilomètres à ne voir que des plantations de chênes liége, de fruits ou légumes… et beaucoup de poussière, nous voici enfin arrivés en terre promise… l’océan n’est pas encore visible, mais la simple vue des planches de surf sur les voitures forcent un sourire béa aux enfants.

Comporta, l’Ibiza portugaise

Le panneau Comporta surgit enfin… c’est l ‘euphorie, nous sommes arrivés… Gaston hurle « Papa il y a un tube comme nous ! » tellement surpris, je décide de faire demi-tour et passer dans la rue principale pour en avoir le coeur net ! Posé au milieu d’un restaurant, ce n’est pas un tube mais un vieux van aménagé en food-truck… On en profite pour jeter un coup d’oeil furtif aux différents commerces… de bonnes « vibes » par ici, même si tout semble être très propret, comment te dire un peu dans le « mood Ibiza bobo ».

Bon, n’y allons pas par 4 chemins, tu commences à me connaître… aussitôt arrivés sur cette presqu’ile, je décide d’aller jusqu’au bout et aller explorer Troia… sur la carte la route promet d’être magique… une péninsule si étroite avec d’un côte l’océan et de l’autre l’estuaire.

1ere déception… la route pour aller à Troia devient très rapidement une jolie route, oui mais pour les possesseurs de BMW et d’Audi rutilantes ! Ici, c’est place à la démesure, un mini Dubaï… hôtels, clubs, commerces et béton presque jusque sur la plage… tout est aseptisé… tu te doutes du décalage que je suis en train de vivre arrivant d’une région déserte et pauvre.

Demi-tour, on dégage de ce complexe à bobo ! « Papa, c’est chez les riches ici ? » La vérité sort de la bouche des enfants… bien que je n’ai aucune animosité envers les « riches » je rétorque « Un peu oui, ce n’est pas notre place ! »

L’envie de plage grandissante, je ne peux pas en priver les enfants plus longtemps. A la sortie de la ville j’avais repéré le panneau « Praia Comporta »… on s’y engouffre ! C’est mieux, voire beaucoup mieux, c’est sauvage, même si au bout du premier parking, nous arrivons à un second parking payant donnant sur des restaurants, type plages tropéziennes … J’adore St Tropez, çà tu le sais aussi, mais là on m’avait vendu un  road trip nature ! Heureusement la plage est magnifique et les 2 ou 3 vans anciens posés me réconfortent !

Ce sera notre stop pour la nuit ! On saute dans nos maillots et hop à la plage !

Ce premier stop n’est pas comme qui dirait dans l’essence même des spots que j’affectionne, mais pour les enfants lorsque tu voyages en van tu es obligé de faire quelques sacrifices. Alors faute de mieux c’est déjà extraordinaire !

En fin de journée nous nous glissons dans le deuxième parking pour aller nous mettre tout contre la dune, profitant du Sunset, tout en cuisinant. Tout semble idyllique maintenant, les enfants courent et chahutent dans le sable, les légumes crépitent dans la poêle, nous sommes seuls…mais… Et oui, comme dans toute histoire il y a un MAIS… c’était sans compter sur la horde de moustiques qui arrivèrent d’un coup, d’un seul !

Prune commence à gesticuler dans tous les sens et à râler… on s’enduit de produit répulsif… mais même avec çà il est impossible de rester dehors…

Gaston me fait la remarque « Papa tu es recouvert de moustiques ! » A y regarder de plus prés, jamais je n’avais vu une telle invasion, nous étions entièrement recouverts, oui, comme une seconde peau… sans compter les piqures … l’horreur … obligés de décamper à toute allure !

Nous remontons dans le village, impossible de trouver un stationnement correct. Par dépit nous allons sur la seule place du village, envahit elle non pas par des moustiques, mais par les caravanes, camping cars et autres vans… la promiscuité ne me plait pas du tout, ni le fait de dormir au milieu de poubelles et d’immondices. Le 1er stop plage me laisse perplexe, voire dubitatif !

Les moustiques toujours là, le diner avorté… on ferme tout ! « Les enfants , vous voulez une glace ? » Le mot qui réconforte toujours ! Nous partons donc dans le village, ou plutôt dans la seule rue du village, celle où nous avions vu le vieux van food-truck… C’est un joli petit bar de plein air, les produits sont bios et locaux, les smoothies et autres glaces sont vegans… nous sommes bien tombés… un peu par hasard ! Hasard me diras-tu ? Non encore un signe de la vie… cette première soirée ne peut pas être qu’horreur !

Un coffee-shop comme tant d’autres… Be Comporta

Les enfants, ou plutôt mes enfants sont de véritables catalyseurs de discussion, bientôt la propriétaire du lieu – qui parle un français presque parfait – vient à notre rencontre et échange avec nous. Elle nous confie que les moustiques sont là à cause des rizières toutes proches – tu peux d’ailleurs visiter un musée dédié à cette activité à Comporta – et qu’ils sortent massivement pendant 1h juste à la tombée de la nuit. Les gens d’ici se calfeutrent dans leurs maisons en attendant la trêve des confiseurs !

Rassurés par cette information, et après avoir le ventre bien rempli d’excellentes crêpes  au chocolat, je décide de quitter le parking sur lequel nous étions pour retourner à la plage ! Et nous y passerons une nuit douce et agréable… réparatrice d’un long chemin sous la chaleur !

Cependant, ce n’est pas ce dont je rêve en étant ici, même si la plage est magnifique, vivre au milieu des voitures et des bus ne m’enchante pas plus que çà. Apres un footing matinal sur la plage et un ptit-dej dans le camion, on se prépare à repartir ! Les enfants ayant tellement peur du retour des moustiques, abdiquent sans protester … je dois même te dire que je les sentais plutôt heureux de partir !

Je peux aussi te parler de notre plan, pourquoi cherchons nous un endroit au calme, idyllique, image de carte postale et isolé ? Pour l’anniversaire de Prune ! Elle a eu 10 ans le 4 juillet, et même si nous l’avons fêté en famille chez mes parents, je lui ai fait la promesse d’un anniversaire magique, simple mais magique…. En camion comme l’année dernière en Espagne, juste nous et l’immensité de l’océan !

Nous continuons donc notre road-trip vers le Sud le long du trait de côte direction Sagrés. Sur la route, la Praia de Melides semble être une bonne opportunité…l’océan et un cours d’eau pour s’adonner à notre activité phare, le paddle ! On quitte donc la route en direction de cette Praia…

Juste un parking de plage, pas très propre, un bâtiment ou plutôt un bar-restaurant moitié délabré – comme beaucoup de bâtiments  ou maisons ici, les portugais ont fuit le pays pendant la crise économique – et ce qui semble être un chemin donnant sur un autre espace plus sauvage.

Quelques camions y sont garés, quelques épaves aussi, des chiens en liberté, des cadavres de bière… dans cette atmosphère, nous sommes accueillis par de grands signes de la main… pas de famille ici, des « punks à chien » comme tu les appelles ! Pas vraiment le spot pour l’anniversaire de Prune.  Gaston ne valide pas l’endroit, on tire notre révérence après 2 ou 3 passages en repérage… je ne peux même pas te dire comment est la plage…

A quelques kilomètres au sud, la ville de Santo André et son Lagoa… c’est parti pour la prochaine exploration… et ici même si c’est un peu civilisé, un immense parking tout contre la dune nous attend ! Quelques vans, quelques familles, le lac d’un côte, l’océan de l’autre. Validé à l’unanimité, nous nous posons là !

Même pas 5 minutes que nous étions garés qu’un français, adepte du lieu, viens à notre rencontre pour échanger sur Marcel – oui j’ai oublié de t’en parler mais Marcel fait toujours autant jaser ici ! – un retraité en van qui connait donc bien les spots du coin. Il nous indique où sont les toilettes, les points d’eau …et nous informe aussi que dans quelques jours, ce terrain vague va se transformer en une véritable ville de camping sauvage.

L’anniversaire de Prune étant toujours une de nos priorités, je lui demande s’il y a des spots plus isolés. « Si tu n’as pas peur du bruit, il y en a un, a quelques kilomètres ! » Peur du bruit ? Isolé ?

« Oui, tu es garé les roues dans le sable et tu entends le brouhaha de l’océan! »

Ça semble être le spot rêvé pour nous ! Après une petite baignade, on lève le camp direction Praia… dont on ce connait pas le nom… L’indication est, après l’Intermarché, tu guettes le panneau « Praias », tu le suis, et tu t’engouffres sur une piste de quelques kilomètres.

Avant çà, nous nous arrêtons donc à l’Intermarché pour refaire notre stock de denrées, être autonome pour quelques jours sur le spot… et fêter l’anniversaire de Prune. Il fallait voir Gaston dans les rayons, affairé à chercher les bougies et les ballons gonflables. « Papa, c’est une surprise on ne lui dit rien ! »

Praia Fonte do Cortico, c’est son nom ! Une merveille, une beauté… le spot dont je rêve… une piste de 2 kilométrés environ très accessible, tu arrives sur un « parking » tout en haut de la dune, garé à cul, les pieds dans sable, vue sur l’océan… quasi seul, car je pense que cet endroit est un peu confidentiel, non indiqué d’ailleurs sur ma carte IGN…

On se gare, Gaston s’écrit (encore une fois !) « Papa, là on a le spot ! » … et il a raison… mis à part une petite chose, le vent ! Et oui, si tu ne le sais pas encore, au Portugal, le vent est ton invité permanent…. Du matin au soir il rythme ta journée !

Après une longue balade sur la plage, à ramasser quelques déchets, une session baignade pour les enfants et une session sieste pour moi, et alors même que nous avions annoncé à Prune que nous fêterions son anniversaire le soir-même, ici, sur ce spot magique, nous décidons de retourner au Lagoa de Santo Andre. Trop de vent, impossible de rester dehors, impossible également de cuisiner le gâteau d’anniversaire de Prune…ce n’est que  partie remise.

Le Lagoa de Santo André est un lieu vraiment apaisant, nature et pas surpeuplé encore. La plage est comme toutes les plages… magnifique ! Mais ce qui est incroyable c’est la proximité entre le lac et l’océan. Tu peux choisir… eau froide ou eau froide, génial comme deal non ?

Je plaisante, même si je suis bien obligé de te l’avouer, la légende n’en est pas une, l’eau est réellement froide ici, à dire vrai, je ne me baigne quasiment pas.. sauf jour de grand beau soleil sans vent… presque jamais en fait !

Et toujours ce vent, ce vent qui massacre le plan d’eau, et qui commence à me faire prendre conscience que ce n’est pas encore ici que je surferai… il est donc l’heure pour nous de sortir le paddle et de partir à la découverte du lac… la balade est magnifique, nous passons d’ilots en ilots, longeant la dune, les oiseaux et poissons s’en donnent à coeur joie dans cette immensité préservée. 

Nous restons ici 2 jours, rythmés entre balades sur la plage, sessions paddle, et cafés au bar de la plage, une modeste bicoque agréable, oui même si le service laisse à désirer, même s’il n’y a pas un seul jus naturel à la carte… le wifi gratuit est accessible chaotiquement !

Les pneus nous démangent, aujourd’hui le vent ne s’est pas invité curieusement… nous prenons la décision de repartir à la Praia Fonte do Cortico, tu te souviens, cette praia isolée, spot idéal pour fêter l’anniversaire de Prune !

En place sur le spot, seuls, Gaston m’aide à préparer la fête d’anniversaire de Prune. Je ressors un piquet en bambou que je trimbale dans mon van depuis plus d’un an pour installer la guirlande de lumières blanches – piquet que Gaston avait récupéré en Espagne, il ne manque d’ailleurs pas de m’en faire la remarque « Tu vois papa, il sert mon bâton ! ». Gonflage des ballons, Prune rayonne à l’idée de cette fête… nous sortons la table, en guise de nappe la taie d’oreiller blanche coupée qui nous sert aussi d’écran de cinema…

La nuit est douce, presque chaude, je cuisine ce que préfère Prune, des légumes grillés, des frites de betteraves, de patates douces… et nous soufflons les bougies d’anniversaire de ma petite beauté au rythme du soleil qui se couche sur l’océan, face à nous, lui offrant un spectacle incroyable pour ses 10 ans !

10 ans en beauté, Praia Fonte do Cortico

Jamais dans ma vie d’avant je n’aurais pu imaginer une telle fête ! Aussi simple, aussi magique… sans rien ou presque, juste l’essentiel, la promesse tenue de passer un bon moment tous les 3, la promesse d’un Sunset magique, la promesse d’être heureux avec rien. Même si je dois te l’avouer de voir mes enfants heureux comme çà, m’a tiré une petite larme, car dans ce tableau presque parfait, Jeanne nous a manqué… évidemment !

Mais c’est fait, on l’a fait ! Notre désormais rituel d’anniversaire en van est fait ! Et magie de la vie, récompense de toutes ces épreuves, Prune n’a pas demandé de cadeau, n’en attendait pas non plus, son cadeau est là devant elle, son papa, une attention réelle et sincère, un moment hors du temps dans un cadre féérique… ça vaut tout l’or du monde !

La plage n’a pas de point d’eau accessible, alors nous continuons notre périple…en direction du Sud ! A peine sortis de la piste, Prune s’exclame « Papa, on va à la plage ? » C’est une évidence… bien sûr le but de ce voyage est bien de longer la côte océane, vivre comme des Robinson, nous déplaçant de plage en plage !

Magie d’instagram, suite à une story, tu m’envoies un petit message. « Tu es tout prêt de Porto Covo… le village est magnifique, arrête toi ! ». Sans destination précise en tête… rendez-vous est pris ! Sur la route d’autres opportunités s’offrent à nous, mais absolument pas convaincantes, dont les plages de Sines… où la seule promesse est d’avoir de l’eau plus chaude compte tenu des rejets de la centrale hydro-électrique ! Cette idée ne m’enchante guère, encore moins la vue… des usines toutes proches de l’océan… Porto Covo, nous voilà donc !

Coup de malchance, les festivals de musique itinérants battent leur plein à cette période de l’année au Portugal, et quelle ne fut pas notre déception d’arriver dans une petite ville typique portugaise, mais envahie de monde et notamment de camions, fourgons et camping cars en tout genre ! Une ville de nomades à pris place… encore une fois, alcool, chiens, drogue… très peu pour nous ! Je suis obligé ici de te faire une confidence, ne vois aucun mépris dans mes mots. Simplement – et même si je ne juge personne, même si chacun vis selon ses propres croyances, ses propres moyens – je ne souhaite pas que mes enfants gardent en tête ce genre d’images de leurs vacances portugaises… ma vie est déjà assez « marginales » sans en plus en ajouter au tableau !

Non, ce que je veux, c’est qu’ils voient le monde à travers de nouveaux yeux, au travers du chemin que je leur propose, et tu vois si tu as parcouru mes mots sur l’addiction, tu comprendras que j’ai choisi de me tourner vers la lumière…

Alors oui, je ne souhaite pas que mes enfants côtoient ceux qui ont été mes amis, mes compagnons de route, mes voisins, et pour lesquels je conserve néanmoins une grande estime. Chacun son chemin, mais tu l’auras compris celui-ci n’est plus le mien… et pour ne pas succomber aux sirènes… autant ne pas s’en approcher !

Chemin faisant, nous arrivons à la Paria da Malhao  un spot encore une fois idyllique ! De nombreux vans, mais une plage comme je les aime, grande, entourée de falaises… un parc de jeu grandiose pour les balades et la découverte ! L’équipage entier est aux anges… d’autant plus que cette plage est pour nous – encore et toujours – un lieu de rencontres ! Pas une, deux, mais trois rencontres incroyables qui nous permettent encore une fois de goûter aux joies de la vie, du partage et de l’échange. Rappelle toi, tout ce qui m’a toujours fait peur dans la vie, aller vers l’autre, partager mon quotidien…

3 rencontres te disais-je… et bien sais-tu que sur ces rencontres, 2 ont été à mon initiative ! Oui… incroyable mais vrai, l’autiste que j’étais, l’agoraphobe, le solitaire, a enfin réussi son pari, s’ouvrir aux autres, vaincre son plus gros démon, aller vers l’autre !

Si par le passé certaines de ces relations aux autres me « coutaient », non pas que je méprise l’autre, bien au contraire – si tu m’as déjà croisé, tu sais que je sais faire preuve d’altruisme et de générosité – non plus par peur du jugement, de ne pas être assez comme ci ou comme ça, ou parfois trop d’ego… Dans cette nouvelle vie, je suis souvent au bas de l’échelle de valeur, je n’ai pas le van ou camping-car le plus rutilent, le plus confortable… ou quoi qu’est ce, cependant j’ai un des vans avec le capital sympathie le plus élevé !

Alors encore une fois, c’est Marcel qui nous a permis de rencontrer une petite famille de français – des bordelais, encore – ils sont partout ! Les enfants, comme à leur habitude, sillonnent entre les vans à la recherche d’amis potentiels … et quelle n’est pas leur joie de revenir chaque jour en me disant « Papa, on s’est fait des amis ! ». S’il est bien une réussite avec ces deux la, c’est bel et bien celle-ci, ils n’ont peur de rien, surtout pas d’aller vers l’autre, peu importe la barrière de la langue !

Bref, le papa bordelais travaille au service des sports de la mairie de Bordeaux, surfe à Lacanau et voyage en famille avec sa femme est ses 3 enfants. Autant de compagnons de jeu pour Prune et Gaston. Quel plaisir d’échanger, de partager nos anecdotes de voyage… pieds nus, en short au beau milieu de nul part !

La deuxième rencontre, est à 90% à mon initiative, 3 backpackers s’approchent du van pour me demander s’ils peuvent planter leurs tentes ici… affirmatif ! Vous serez à l’abri du vent contre le camion… ils n’osent pas et cherchent un autre emplacement, mais tout est full… alors j’insiste en leur indiquant qu’ils ne dérangent pas … et ils abdiquent ! Et attends, le plus drôle, juste après avoir diner avec les enfants et alors que nous allions marcher sur la falaise pour capturer le Sunset, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais les voyant –  un couple et une autre fille – galèrer dans leur installation, je leur propose d’utiliser notre table et nos chaises.

Ce soir là, c’était comme si la vie nous remerciait de notre générosité… le Sunset était un des plus époustouflant que nous ayons vu au Portugal… les falaises si abruptes, si morcelées, le couchant et l’immensité de l’océan à perte de vue !

De retour au van, ce n’est pas sans une certaine joie que je contemple nos convives attablés, riant et profitant d’une pause «confortable » – enfin plus qu’à leur habitude ! Et nous avons passé la soirée à discuter, à jouer aux cartes, à boire du thé… les enfants à apprendre quelques mots d’italien… à oui car ce que je ne t’ai pas dit, c’est que ces 3 jeunes étaient pour 2 d’entre eux médecins à la fin de leurs internats, et le 3éme un chercheur dans un grand laboratoire médical. 2 italiens, 1 suisse, tous en Erasmus… une bien belle soirée, de bons souvenirs !

Ce que je retiens de tout çà, c’est qu’il ne faut pas préjuger des personnes que tu croises, peu importe à quoi elles ressemblent, peu importe leur mode de voyage, peu importe qu’ils ne correspondent pas à l’image que tu te fais des gens de ta caste… toutes les expériences, toutes les rencontres, t ‘apprennent quelque chose et te servent dans ta vie future !

Te servent oui, pas sur le plan matériel, mais elles t ‘enrichissent de savoir et de souvenirs, pour tous ces jours gris que tu traverseras et pendant lesquels tu seras heureux de te remémorer tous ces bons moments !

Je digresse comme à mon habitude, mais tu commences à me connaître, je ne peux m’empêcher de voir des signes de la vie partout, tout le temps… un remerciement permanent pour avoir compris le chemin que je voulais entreprendre, alors oui, des cadeaux sur ce chemin, comme pour m’encourager à persévérer !

Cette plage est donc sublime, fidèle à mon habitude, dés le réveil et après t’avoir partagé quelques images de notre sunset, je pars courir, m’oxygéner, organiser mes pensées, baisser mon niveau de stress qui est déjà très bas ! La journée continue ensuite par une balade dans les falaises, sur un chemin de la route Vincentina, celui-la même que les p’tits jeunes empruntent eux aussi. Emerveillement toutes les minutes… ce chemin de randonnée est incroyable, tu longes les falaises en permanence…

Tu vas me dire que je t’ai parlé de 3 rencontres… il en manque donc une… tu as raison ! Une fois n’est pas coutume ! Ce matin en rentrant de mon petit run je croise un type que je salue… puis je passe devant un superbe Hymer Mercedes – old school – que je photographie pour l’envoyer à mes amis @Vanlifegoeson et @Betchphoto… sur la porte je vois inscris le compte instagram @roadstofollow… je le taggue… et ils me répondent ! « Merci pour la magnifique image ! Nous t’avons vu passer hier, ton van est so cool ! » Bon ne m’en veux pas, je te fais un condensé de l’échange !

Bref nous voila 1h plus tard à aller à la rencontre de Saskia, son mari – celui que ‘ai croisé en courant ! dingue non … – et de leur petit garçon. Un couple comme nous les aimons, sympathique, vrai et accueillant. Nous partageons un Banana bread, parlons de nos vies, de nos enfants, de nos aspirations – comme si nous nous connaissions depuis des lustres !

Elle est présentatrice TV en Hollande, lui designer… ils font une pause… et tu sais bien quelles pauses çà me connais !

Là encore, jamais je n’aurais jamais fait ça dans mon ancienne vie… et pourtant nous sommes tous repartis plus riches de la rencontre, de ce lien qui nous permet d’échanger encore et encore en digital… et qui sait, la magie du voyage nous remettra peut-être un jour sur le même chemin !

Le temps passe et je n’ai toujours pas pu me mettre à l’eau, pas une seule session surf depuis le départ… et dire que ces vacances au Portugal étaient aussi l’occasion pour moi de surfer tous les jours ! La bonne blague … quand il y a de la houle il y a du vent, et lorsque la houle tombe, il y a toujours du vent. Laurent, le papa bordelais, en mal de surf comme moi, et adepte des vacances au Portugal, m’indique un spot un peu plus au Sud, sur la route de Sagres, Carrapateira. Ce nom. Comme moi, tu le connais peut-être déjà car il est celui d’une station réputée pour le kite-surf au Brésil !

Marre du vent, nous descendons donc vers cette Mecque portugaise du surf, Carrapteira. Sur la route, notre rituel recommence encore, chercher de l’eau pour remplir nos bidons quasi-vides et faire notre vaisselle, car oui comme tu t’en doutes même si je ne te l’ai pas précisé, mais une fois n’est pas coutume, ni douche, ni robinet, ni point d’eau quelconque à Malhao.

Carrapateira & ses ruelles si typiques

Nous nous arrêtons dans le petit village précédent Carrapateira, Bordeira. Village typique portugais, tout est blanc, les rues étroites, ou plutôt devrais-je dire la seule route du village. On suit le panneau « fonte » jusqu’a ce que la route se rétrécisse tellement qu’elle ne finisse par s’arrêter … pas de « fonte »… une vieille dame nous indique l’emplacement du point d’eau – en portugais, sans que nous ne la comprenions, mais avec un tel sourire et une telle gentillesse, que nous ne pouvons nous empêcher de lui parler en français, de la remercier, nous aussi par des sourires, des rires et des embrassades –  le robinet juste à côte du lavoir… nous y faisons la vaisselle pendant qu’elle épluche ses légumes assise sur la marche de sa porte d’entrée. Là, encore, les enfants sont surpris et marquent un temps d’arrêt… « Papa la dame, elle fait sa cuisine dehors ?! » Oui, c’est comme ça ici, par manque de place,  la vie s’organise pour les tâches du quotidien à l’extérieur.

Vaisselle et bidons remplis, nous quittons le village pour rejoindre Carrapateira. Quand tu y arrives, tu ne peux qu’être séduit par le lieu, sa topographie, son caractère. Un village qui respire les bonnes ondes, une place centrale ou s’organise la vie, un bar, quelques restaurants très modestes, une petite épicerie… et le wifi gratuit dans tout le village ! 2 plages sont accessibles depuis le village, l’une au nord et l’autre au sud, Praia do Bordeira et Praia do Amado.

Nous choisissons Praia de Bordeira, au feeling… il fallait bien en choisir une !  Apres avoir passé un 1er parking au bord de l’eau, où s’est installé la encore une petite ville éphémère de vans et camping cars, nous continuons la route pour arriver sur la falaise, à quelques centaines de mètres a pieds de l’océan et avec vue imprenable ! Nous avons encore une fois le spot comme dirait Gaston ! A peine garé, nous partons en exploration du lieu, d’abord l’immense plage, puis ce chemin de terre qui nous a intriqué dès notre arrivée… ce chemin de plusieurs kilomètres qui en fait, borde la falaise et rejoint plus au sud la Praia do Amado. Je ne peux que te recommander 2 choses ici – en plus de profiter de cette belle et grande plage magnifique – c’est de faire la balade sur ce chemin, tu en prends plein les yeux, tellement les falaises sont morcelées ! Et pour les plus téméraires, tu peux camper ici, n’importe ou, au beau milieu de nulle part, sans voisin… nous ne le ferons pas avec les enfants car lors de notre séjour, le temps n’était pas de la partie, nous nous sommes réveillés dans une brume et une humidité déconcertante ! Pas de crainte, vers le milieu de la journée, le temps se lève toujours ici, et la brume fait place au soleil !

 

J’y suis repassé plus tard, sans les enfants lorsque je redescendais à Sagres pour récupérer mes pièces détachées, et je peux te garantir que ce spot dodo est probablement l’un des plus sauvages, des plus préservé et des plus beaux que j’ai pu faire sur cette côte !

De la brume te disais-je… mais c’était sans compter sur une nouvelle rencontre – ce pays est tellement rempli de voyageurs que tu ne cesses d’y croiser des chemins de vie.

La brume étant notre invitée du jour, je sors le long skate pour nous amuser un peu sur la route de la plage. Les enfants adorent faire de petites sessions à la cool… Bientôt, un van d’allemands s ‘y met aussi, et leurs 4 enfants se mettent à glisser et faire des courses, les plus petits devant les plus grands derrière. Image assez surréaliste, la quiétude de l’endroit se trouble par les rires des enfants, le village de campeurs s’est enfin réveillé ! Et puis le VW T2 posé à quelques pas de nous s’y met aussi… nous entrons dans une discussion entre français, suisses et allemands… c’est abord le fait que je prenne des photos de tous les enfants qui a brisé la glace, me demandant d’en envoyer par email a mon retour, puis ce T2 qui ressemble à s’y méprendre a celui de Margaux et Mathieu (@directionvagiue) « Sunny ».

Un échange comme je les aime – encore une fois ! – , on parle de nous, de nos vies, de qui nous sommes, sans influencer l’autre, juste en partageant nos vécus !

Et puis, comme tous les jours, c’est le balai des camions, si les passages sont éphémères sur les spots, les petits villages nomades que constituent les regroupements de vans sont quand à eux complètement sédentaires… le village reste, là, figé, à la même place, seuls les habitants qui les peuplent changent au grés de leurs pérégrinations.

Il est l’heure pour nous aussi de reprendre la route, en route vers notre dessein initial, rejoindre Faro… cette journée marque notre départ de l’Alentejo ce soir nous serons déjà dans l’Algarve, région qui suscite beaucoup de curiosité… car si le pays est pauvre et peu touristique, l’Algarve est à elle seule le poumon économique du Portugal, le tourisme y bat son plein, de nombreux expatriés se sont installés dans cette région moins hostile, plus clémente aux vents et aux températures souvent bien plus élevées !

Dans quelques jours, ,nous repasserons par ici, pour rejoindre Lisbonne ! Mais pour le moment allons voir si l’Algarve est belle !