Parfois on croit perdre quelquechose, et en fait on ne sait pas qu’on est en train de gagner infiniment plus.

– Eliette Abècassis

La fin d’année est synonyme pour moi d’anniversaires, le mien en octobre… puis celui de ma prise de conscience, ou plutôt, celui de mon changement radical de vie en novembre.

Déjà 3 ans ! C’est long et c’est très court ! 3 ans que ma vie 2ème vie a commencé ! Et lorsque je regarde en arrière, non pas par nostalgie, mais juste pour observer le chemin parcouru, je ne peux que me féliciter, qu’être fier de moi…

Oui, tu dois être fier de toi, croire en toi… car même si le chemin ne s’est pas déroulé comme tu l’avais imaginé, même s’il n’est pas parfait, c’est ton chemin…

Je retombe sur des écrits de l’époque, tellement criants de vérité et tellement tristes … il y a 3 ans j’écrivais ceci :

« Je m’appelle Samuel, j’ai 38 ans…. Et je suis mort psychologiquement depuis 5 ans »

Tu vois tout à un commencement, tout à un début… et si tu y regardes de plus prés, ce début commence toujours par une fin…

3 ans en arrière je quittais ma vie, non pas sur coup de tête, mais après de longues années de réflexion… ma vie de famille, mon travail, ma place dans la société… rien ne me convenait plus… comme si j’avais construit pendant tant d’années un modèle de vie mais certainement pas ma vie !

3 ans en arrière j’en arrivais à ce constat, soit tu restes dans cette vie et la mort te guette –  prisonnier dans ta tour d’ivoire -, soit tu te donnes la mort pour tout arrêter et soulager ta « conscience » du moment. Mais tu vois, j’ai tellement la vie chevillée au corps que je n’ai pu me résigner à mourir – surtout pas – même si je dois avouer maintenant que j’ai lutté contre mon esprit pendant de longs mois pour ne pas commettre l’irréparable !

Je t’entends déjà me dire, c’est la crise de la quarantaine, les démons de minuit !…. NON ! Ce n’est pas une crise, c’est une prise de conscience, un éveil…  Ce moment où tu sais que tu t’es éloigné de tes rêves d’enfants, tu ne rêves plus, plus de place… la lassitude et la noirceur hantent tes seules pensées. Tu n’as plus goût à rien, tu ne te contentes plus simplement de ce que tu as… ni de ce que tu es… où plutôt ce que tu es devenu te dégoûtes . Tu connais ce sentiment ?

Soit honnête avec toi même, pose toi la question …. Es-tu vraiment heureux dans ta vie ? Te lèves tu de bonne humeur en célébrant la vie chaque jour ? N’es-tu pas devenu un peu râleur sur tout et tout le temps ?…. et ne me dis pas que tu es simplement un perfectionniste, un esthète…. Tu sais au fond de toi que ton ego a pris une part tellement importante dans ta vie qu’il n’y a plus de place ni pour la simplicité ni pour la spontanéité.

Si la réponse est oui, alors bravo, tu es beaucoup plus fort que je ne l’ai été, et tu connais probablement le bonheur, si non, tu comprends ce que j’essaie d’exprimer…

Je ne te dis pas non plus que ce chemin a été facile !

J’ ai connu de nombreux échecs, des périodes d’errance, des pleurs, beaucoup de pleurs… j’ai fait du mal malgré moi à mon entourage. Mais ce chemin était nécessaire à la prise de conscience. Certains auraient pu me donner les clés, me faire gagner du temps… mais ils ne l’ont pas fait, par sagesse, car tu dois te tromper pour enfin réussir et trouver ta voie.

Sache que si tu ne trompes pas, si tu n’explores pas alors tu ne peux pas avancer. L’erreur fait partie intégrante de l’expérience. Tu me diras que les erreurs font mal et font souffrir …. tu as raison… mais combien de fois t’ai-je dit ceci : la vie te représente les mêmes situations jusqu’a ce que tu es enfin compris !

L’ expérience, sers t’en ! Tu t’es trompé par le passé ? Agit différemment, n’est pas peur, ne continue pas dans tes erreurs à persister dans ce que tu crois être bon pour toi seulement parce que c’est un terrain connu ! Ose ! Ose prendre un risque… tu es libre alors agit !

Le chemin vers le bonheur est long, très long…. c’est un travail de tous les jours.

Prends la vie comme elle se présente, contente toi des petits bonheurs simples qu’elle t’ apporte , ne convoîte pas un rêve inaccessible, une chimère… crée ton propre chemin.

Le sphinx renaît toujours de ses cendres… Dans ma 1ère vie j’étais d’ailleurs surnommé ainsi,  tellement j’avais essuyé de tempêtes – effondrement de la bulle internet/telecom, crises économiques, ruptures technologiques, blessures personnelles, maladies – mais je peux te dire que tout cela n’était rien comparé à la rupture brutale que je me suis imposé !  Quand ton cerveau implose, quand ton esprit t’ordonne de mourir… alors là oui… ton corps et ta vie ressemble à un champ de batailles après le passage d’Attila.

Puis vient le moment de la reconstruction, ce moment où après t’ être tellement auto flagellé tu arrives à te pardonner, tu baisses ton ego, tu prends conscience que tous ces problèmes ne sont rien face à l’immensité de l’univers… tu as la chance d’être en vie, tu as la chance de pouvoir voir, toucher, sentir tes enfants, tes proches, alors HAUT LES COEURS ! Bats toi et avance… marche après marche, n’est pas peur de l’escalier parce que tu n’en vois pas le bout.

Avec le temps, tout s’efface, car tout se reconstruit. Aujourd’hui j’au du mal à me remémorer toute la souffrance que j’ai vécu pendant ces 3 longues années, je n’y pense plus, je ne veux plus y penser.

Aujourd’hui je chéris ce que j’ai de plus cher au monde – mes enfants – je vis au jour le jour ce bonheur présent et essaie d’être une bonne personne, bienveillante à l’égard d’autrui… si j’ai compris, d’autres ont besoin de soutien.

Rien n’est facile, mais tout est possible !

Alors il faut célébrer cette fin, ne pas être triste – car elle annonce un début à venir, une résurrection, une vie après la mort – je ne sais pas… mais il faut célébrer le bonheur à venir ! Tous les jours le soleil se couche… il n’est pas mort car les jours suivants il se lève, marquant ainsi le début de quelquechose de nouveau…