Un voyage de 1000 kilomètres commence toujours par un pas.

– Lao Tseu

C’était la promesse d’y il y a déjà un an, après notre 1er road trip en van à la découverte de l’Espagne, les enfants en pleine soif de découverte « différente » m’ont proposé le Portugal… j’ai dit oui … et nous y sommes !

Un long voyage en van old school de 65 ans, sans climatisation et avec peu de confort …. Et pourtant je peux t’assurer que nous n’avons pas eu l’impression de faire autant de route, tellement nous avons ri et partagé de bons moments !

Le départ, le trajet, c’est déjà le voyage … tu ne sais pas bien quand tu arriveras, encore moins si tu arriveras, la seule chose dont tu es sûr, c’est bel et bien que tu partiras !

4 jours pour traverser l’Espagne sous une canicule de plomb, nos trajets sont rythmés par les points d’eau, nous avançons de lac en lac… en tenant compte des capacités de Marcel… la chaleur est si étouffante que nous ne pouvons faire de longs trajets. Mais que ce voyage est beau… longeant le Duero.

Petit à petit, nous nous rapprochons du Portugal, jusqu’a ce samedi où nous arrivons à quelques dizaines de kilomètres de la frontière… nous faisons une halte dans le petit village de Perena de la Ribera, où nous allons randonner à la découverte de la cascade Pozo de los Humos. Le Douro est ici la frontière avec le Portugal, à pieds nous en sommes à quelques 10 min, par la route à environ 1h30 car il nous faut refaire chemin arrière depuis le Parque Natural de Arribes del Duero, et accéder à un pont pour passer de l’autre côté.

Fait rarissime, au moment de partir faire cette randonnée, la pluie et l’orage de grêle s’invite dans cette région où il ne pleut que très rarement et encore moins à cette saison. La nature est maître, c’est donc à l’intérieur du camion que nous attendons une accalmie sur fond de Uno !

Bref, tu l’auras compris notre passage au Portugal risque d’être retardé d’une journée… et pourtant ces 2 là sont si excités, excités de passer une deuxième frontière, excités d’arriver dans ce pays qui est pour eux juste un nom sur la carte, excités de se dire « nous l’avons fait », excités de commencer une nouvelle aventure dans un pays inconnu avec une langue inconnue !

Alors en bon papa que j’essaie d’être, et même si la fatigue de la journée me gagne, je décide de les amener de l’autre côté, juste après le diner … « les enfants, ce soir nous dormirons au Portugal ! » Mais que le chemin est long par ce côté, il te faut traverser la montagne pour accéder au barrage qui fait office de frontière. Prune à les yeux grands ouverts malgré la nuit noire et l’heure tardive, la fatigue aura raison de Gaston qui ne verra pas le panneau Portugal, mais découvrira au réveil le lendemain ce pays tant espéré.

Sur le chemin, comme pour nous récompenser de tous nos efforts, un des plus beaux sunsets que je n’ai eu l’occasion de voir dans les terres s’offre à nous, comme subjugués, nous nous arrêtons pour le contempler, un signe de la vie probablement…

vanlife portugal

Tu tu demanderas certainement pourquoi nous n’avons pas fait ce road trip plus classiquement en choisissant d’aller le plus au Sud du Portugal entrant par l’Algarve pour ensuite suivre le trait de côte jusqu’à Lisbonne notre destination finale. Pour être totalement franc, c’était un de nos projets initial… mais chemin faisant l’envie de Portugal grandissante et cette proximité nous a tant excité que nous avons en somme craqué et décidé d’y accéder plus rapidement. C’était l’option 2 de mon plan de voyage, ménager Marcel ainsi que nos émotions. Le Portugal est assez vaste pour pouvoir entrer par le Nord, profiter des parcs et de la nature jusqu’à Lisbonne et ensuite suivre l’océan. Le plan, c’est donc transformé en pas de plan… nous arrivons vers 1h du matin exténués au Portugal dans la petite ville de Bemposta (la « bien-placée ») – un peu, beaucoup par hasard… à ce moment précis c’est la ville portugaise la plus proche et la plus accessible de notre position pour passer la nuit !

Je peux te dire que cette nuit là, je m’en souviendrais longtemps… ma petite Prune guettant chaque panneau, chaque indication en espérant enfin y lire l’indication Portugal !

Et puis l’instant tant attendu arrive enfin, nous traversons le barrage et là devant nous se dresse majestueusement ce panneau, LE panneau d’entrée au Portugal ! Nous sommes encore dans la montagne, qui commence à devenir hostile pour Marcel tant nous avons roulé aujourd’hui et pour moi, car je peux te l’assurer la montagne dans la nuit est un véritable combat de tous les instants au volant de Marcel.

Bemposta, cette première ville traversée sera notre spot pour la nuit, je suis théoriquement adepte des spots cosy, hors des villes, mais la fatigue me fait déroger à mes principes. Bon je te rassure tout de même, une petite ville portugaise de montagne, c’est comme un village dans la Creuse… nous sommes sous le charme … des rues pavées, des tracteurs posés partout devant les maisons en guise de voiture… le terrain de foot est encore allumé et les gosses du quartier s’en donnent à coeur joie… Un panneau « Miradouro »  attire mon attention, la vue doit y être agréable… nous traversons la place du village, complètement vide et cette atmosphère surréaliste. Toujours des tracteurs posés sous les oliviers à côté d’un banc devant chaque maison, puis la place la plus haute de la ville, la place de l’église, elle aussi pavée, toujours ces tracteurs, aucune âme qui ne vive ici, pas même une voiture stationnée aux alentours. Fatigués, nous nous installerons ici sous un figuier.

Une nuit douce, bercée par l’excitation d’avoir enfin réalisé notre dessein, et puis avec un peu d’appréhension aussi… je n’ai rien prévu, pas de plan de route, pas de plan de visite… rien… nous sommes livrés à nous même dans ce pays. Ma seule certitude est mon objectif, parcourir la côte jusqu’à Sagrés puis Faro au Sud.

Ce matin, comme tous les matins, j’ouvre les yeux vers 5h30 pour profiter du calme, à l’écoute des bruits de la ville, écrire, et… rêver… d’habitude à cette heure-ci il n’y a pas de vie à l’extérieur… j’ouvre la porte du van pour contempler l’extérieur allongé depuis mon lit. Mais ce matin, c’est le balais des tracteurs, merde il est 5h30 et déjà la vie commence ! Tout ça dure environ une heure, puis la ville s’éteint de nouveau… étrange. J’apprendrai plus tard que les habitants partent aux champs très tôt, à la fraîche, pour se reposer ensuite pendant les heures les plus chaudes de la journée. Je saute du lit pour aller explorer les alentours, laissant comme à l’accoutumée les enfants dormir bien au chaud dans le camion. Je profite d’une mer de nuages au dessus du Douro, ici la vue est incroyable tu vois même jusqu’à l’énorme barrage plus au Nord…. Ce barrage immense qui fait un peu plus de 5kms, massif, un mastodonte de béton surplombant comme un océan tellement il retient d’eau !

Je sais que le chemin de la veille a été rude pour Marcel alors je prends le temps de faire quelques observations, revisser par ci par là pour atténuer les bruits, puis faire les niveaux… c’est à ce moment précis alors que je n’avais croisé pour le moment que de vieilles « mama » plutôt bourrues – avares de regard et de mot – à la ressemblance frappante avec mon arrière grand-mère qu’une voix s’élève et me dit dans un français parfait « Oh c’est une antiquité celui-la ! ».

C’est Antonio, ce portugais qui balade son chien à la fraîche, en pyjama, torse nu… de suite la conversation s’engage, d’abord et comme toujours c’est Marcel qui occupe la discussion puis vient ensuite un échange sur qui nous sommes. Antonio habite sur la place, toute sa famille y habite, les terres alentours sont leurs… ceux qui sont restés au village les cultivent, les autres comme Antonio – qui habite en France depuis 41 ans – les laissent en fermage. Il est là pour 2 mois et demi pour ses vacances portugaises, dans le village de son enfance, avec sa femme, auprès de sa famille. Il est retraité, à le temps.

Gaston qui nous entend parler se réveille, « Papa on n’est pas au Portugal ? » entendant notre conversation en français ! Puis il se lève et réalise… nous y sommes.

Et puis encore un signe de la vie, toujours ces signes me diras-tu ! Tu en vois partout, tout le temps…. Oui ! Petit à petit j’ai appris à décrypter la vie, décrypter ce qu’elle nous offre, au bon moment ! Alors ce signe, quel est-il ? Antonio me propose spontanément de venir prendre le café et le petit-déjeuner avec les enfants chez lui à 2 pas du camion. Quelques temps en arrière j’aurais refusé cette invitation pour ne pas déranger d’une part et bien trop mal à l’aise dans les relations à l’autre d’autre part. Mais tu vois, tout le monde change et parfois il est bon de dompter ces démons imaginaires, tel Salomon !

Une modeste demeure, un accueil tellement sympathique, où tu sens que tout n’est que partage, de la joie, de la bonne humeur… bref nos 1ers pas en terre portugaise s’annoncent sous de bons hospices.

Le temps passe, les enfants apprennent quelques mots de portugais et là, de fil en aiguille, nous voila la carte routière posée sur la table à établir notre plan de route pour rejoindre la côte. Antonio l’enfant du pays nous trace la route, la route du Portugal sauvage dans cette contrée du Nord, délaissée par les touristes. Ce pays du Nord plus montagneux, plus sauvage … que les gens d’ici appelle le « vrai Portugal » !

Ici, c’est le paradis à l’état pur, tu es en plein milieu de la nature, sur des terres où la densité de population est faible, la moyenne d’âge élevée, tant les jeunes ont fuit le pays si pauvre… le paradis également du camping sauvage… tu trouves un endroit, tu te poses et personne ne vient t’embêter… au contraire, l’habitant vient à ta rencontre pour échanger, te faire découvrir une tranche de son pays !

Alors nous traçons la route sur cette carte jusqu’au sud de Lisbonne, direction Comporta, trajet qui sera aussi rythmé par les fleuves et les « Praia fluvial », ces petites plages de bordures de fleuves, aménagées ou non qui te permettent de découvrir ce Portugal sauvage, celui qui est pourtant l’essence même du pays, celui qui vit par l’eau, pour la nourriture, les exploitations agricoles et pour l’électricité !

Bref, tu l’auras compris, je mets les pieds pour la première fois au Portugal et suis déjà complètement sous le charme. Non pas seulement parce qu’Antonio m’accueille et m’offre son hospitalité, non, parce que je découvre une vie simple, rude mais simple… une immensité de nature qui ne demande qu’à être découverte, si préservée, si agréable.

Il est temps pour nous de continuer notre voyage, Antonio nous donne ses recommandations, « Profite du Nord, profite de la montagne et de mon Portugal, le vrai… ici il ne t’arrivera rien, en revanche, dans le Sud, ferme bien ta petite boutique quand tu pars ! » Et, « En Algarve, prends des réserves d’eau car c’est plus difficile qu’ici ! »

L’itinéraire choisi est donc de traverser le Portugal dans sa diagonale depuis Bemposta au Nord-est jusqu’à Comporta (au Sud de Lisbonne) sur la côte Ouest. En partant, nous nous arrêtons à l’épicerie du village… tenu par un portugais, immigré à Bordeaux quelques années… çà ne s’invente pas ! « Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais ou je suis, n’hésite pas ! »

La route est verte, vallonnée, des paysages à couper le souffle comme je les aime, la montagne hostile fait place à l’agriculture dans les vallées à proximité des fleuves et rivières qui sont si nombreux ici… les plateaux sont eux dédiés aux bétails.

Mais quand tu voyages avec des enfants, il faut que tu saches que ton voyage n’est pas tout à fait pareil, tu ne peux pas les laisser enfermer toute la journée dans leur boite, sur la route… le slow travel prend ainsi tout son sens. Alors attirés par un panneau de bord de route « Frutas »… nous dévions de notre itinéraire principal pour aller faire notre marché chez l’habitant. Ici, une grande ferme, des melons et courges de tous les côtés, des fruits de saison… tout à 1€ le kilo ! Paradis pour le végétarien ce pays !

Et là encore un accueil si chaleureux… les enfants se voient offrir de toutes les sortes de melons, des fruits, des amandes… pour goûter, simplement. Nous repartons les sacs plein avec pour meilleur souvenir le sourire de la productrice rivé aux lèvres.

Il nous faut un point d’eau maintenant pour nous rafraichir et profiter d’une pause déjeuner et sieste ! Qu’à cela ne tienne le fleuve est accessible ici à quelques kilomètres à Torre de Moncorvo tout prés du barrage do Pocinho

Ce premier stop sur le fleuve nous a conquis ! On se gare à cul, vue imprenable sur l’immensité de l’eau et de la nature… on tire la cuisine, melons frais directs producteur et on gonfle le paddle Itiwit ! Et c’est dans l’eau à explorer le fleuve en paddle jusqu’au barrage que nous passerons la journée !

Sous le signe de la bienveillance est placé ce voyage… et je ne crois pas si bien dire… alors que les 2 petits s’en donnent à coeur joie sur le paddle, cris et hurlements de concert, et que je m’amuse à les prendre en photos, une maman portugaise vient à ma rencontre pour discuter un peu… d’abord sur le paddle curieusement, sur son côté pratique et convivial… puis sur notre voyage…

Elle est du coin, mais travaille à Porto, elle passe un week-end en famille, nous échangeons, elle dans un anglais parfait, moi plus aléatoire… ! Son fils pêche ici, l’activité principale de tout bon portugais qui veut ramener son diner !

Notre paddle Itiwit toujours à portée de main

Une belle journée, notre voyage au Portugal s’annonce plutôt bien, les enfants ne réclament pas l’océan, mais de nouvelles séances de SUP sur un fleuve, « papa c’est ou le prochain demain ? » Alors on sort la carte pour chercher notre prochain point de chute !

Et bien tu sais quoi, cette gentille maman nous voyant observer la carte s’avance vers nous et me propose de me montrer quelques endroits sur mon chemin ! Merci la vie…que c’est bon tant de gentillesse…

Nous reprenons le trajet établi avec Antonio, et elle m’indique les « praia fluvial », tu sais, ces petits bijoux de beauté en pleine nature, le genre de spot idéal pour le camping sauvage. Direction Rapoula da Coa, le long du Coa donc… en passant par les routes les plus belles de cette région, et notamment la N233 et N234… ici tu en prends plein les yeux, crois moi… le fleuve est si large, si puissant qu’il transperce les montagnes offrant des paysages et points de vue tous plus incroyables les uns que les autres !

Rapoula da Coa nous accueille pour la nuit, bercés par le bruit de l’eau, au calme, dans un champ… dés le réveil c’est baignade matinale… puis douche… car crois le si tu veux mais en bord de fleuve, se trouve de somptueux sanitaires avec douches extérieures… alors on en profite !

Un des objectifs principal du voyage se rappelle à nous, voir l’océan… la plage, ses étendues sauvages, ses falaises… alors nous reprenons la route, avec une seule idée en tête, guetter les panneaux praia fluvial… et oui, quand nous aimons… alors notre nouvel et déjà préféré rituel reprend… on ouvre la carte routière, regardons les fleuves sur notre route et essayons de trouver le spot où l’on s’arrêtera…

Livrés à nous même, je t’avoue que je n’ai pas trop d’idée en regardant la carte, mais une ville prés du Tejo attire mon attention Vila Vehla de Rodao… une recherche rapide sur internet… l’endroit à l’air plutôt pas mal… la porte d’entrée naturelle du Tejo… une splendeur à voir nous dit-on !

Go… et déception, la ville est industrielle, des usines plantées les pieds dans le Tejo… même si lui est majestueux, la ville n’a aucun intérêt pour nous… et pour tout te dire, le fleuve est tellement gros ici qu’il n’est pas même question de s’y baigner pour des questions évidentes de sécurité !

C’est encore en discutant avec un habitant que nous trouverons notre prochain spot.

Il nous déconseille fortement de nous baigner ici – pollution de l’usine – mais çà nous l’avions bien compris.
« Tu veux une magnifique plage, une immensité de sable et d’eau… vas à Montargil »
« C’est loin ? »
« 1 heure ! » – bon pour nous ce sera 2h car il faut traverser encore une montagne… j’aime çà, mais ça commence à être difficile pour Marcel et pour moi – en fait plutôt pour moi, car cette région du Portugal l’Alentjeto est l’une des plus chaudes…

Encore des rencontres, toujours des rencontres, cette fois en pleine montagne, au détour d’un virage, un énorme 4×4 est en train de remplir des bidons d’eau depuis une fontaine, plantée la en plein milieu de nul part ! Nous avons besoin d’eau nous aussi… on s’arrête…

Cette fois c’est un couple d’une cinquantaine d’années qui nous accueille avec gentillesse… ils n’ont pas l’eau courante chez eux et l’eau du puit un goût d’argile trop prononcé  dans cette région sèche, alors leur rituel quotidien est de venir remplir de gros réservoirs ici… une belle leçon de vie pour mes enfants, étonnés de voir çà ! C’est un peu comme les lavoirs… avec leur yeux de citadins bourgeois ils sont d’abord choqués de la pratique… puis de suite, ils prennent le pli, car s’il y a bien une réussite dans leur éducation, c’est bien celle-ci, ils ne sont ni méprisants ni méchants, ni envieux.. alors ils font le geste eux aussi… un jeu, et un apprentissage, pour faire comme l’autre, celui qui habite ici !

Gentiment l’homme débranche son tuyau et nous laisse remplir nos gourdes, d’ailleurs nous en oublierons 2 sur 3 tellement nous étions pris par la conversation. Et de fil en aiguille le voilà sur notre carte à nous montrer un endroit magique moins loin que Montargil pour faire une pause au bord du Tejo, Amieira do Tejo.

C’est sur la route alors allons-y ! Chemin magique, villages désaffectés, rues désertes, soleil de plomb … puis cette Praia accessible au milieu de nul part… mais le Tejo est un peu trop fort pour que je laisse mes enfants se baigner, nous repartirons donc vers notre destination initiale… enrichis de la rencontre de ce couple qui ne manquera pas de nous faire de grands au revoir lorsque nos routes se séparèrent !

Sur la route, j’entends « papa, il sont gentils ces gens ! » « papa, ils n’ont même pas d’eau chez eux ! » Ces deux phrases me réconfortent. Un enseignement de plus, sans que ce ne soit moi qui, rabat-joie, leur casse les oreilles avec le respect de l’eau, la richesse qu’elle est pour nous. Merci le Portugal ! Merci toi l’habitant « pauvre » qui nous ouvre ton coeur si riche !

Montargil enfin… ! L’inespérée, tellement nous avons eu chaud ce jour là… et là je peux te dire que si tu voyages au Portugal, tu dois absolument faire un détour par ici. Ce que nous voyons est tout simplement surréaliste… une étendue d’eau, un lac à perte de vue avec des plages de sable fin… pas un simple lac, les berges sont sauvages, sur des kilomètres de distance, elles s’amusent à pénétrer dans l’eau formant des presqu’iles… accessibles à pied ou en voiture.

« Papa, on a le spot la ! » s’écrie Gaston. Il a le nez le petit à force de voyages en van ! Divin… Marcel se pose sur une berge à quelques mètres de l’eau… pour nous c’est baignade et smoothies sur la plage… la vie la vraie, comme je te le dis souvent !

On remonte un peu sous les arbres pour passer la nuit, seuls, personne à des kilomètres… une nuit magique, un p’tit dej parfait… d’ailleurs ici on « chille » jusque dans l’après midi… l’océan n’est plus guére loin, on prend le temps !

La traversée du Portugal du Nord s’achève aujourd’hui, 4 jours de pur bonheur, 4 jours à traverser des paysages incroyables… mais 4 jours aussi à comprendre que la vie est difficile ici, peu d’argent, peu de ressources, tu dois être vaillant, travailler dur pour toi et ta famille. Un climat rude, très sec et ensoleillé, un air de Mexique parfois !

Pour nous dire au revoir, l’Alentejo nous offre une dernier spectacle, celui des chevaux, des élevages partout au milieu des plantations. Tu y vois d’ailleurs surgir des travailleurs immigrés, ceux de l’ombre, emmitouflés tel des berbères pour lutter contre la chaleur.

Tu vois, cette dernière partie m’a encore plus séduit, car tu y croises des populations dans la dureté du travail, des visages qui racontent à eux seuls toutes ces souffrances ou les bonheurs de la vie… tu connais ma passion pour ces portraits « sur le vif »…

Un je ne sais quoi m’appelle ici… je reviendrai prochainement, après mes vacances en famille… cette région« hostile» m’inspire !

Mais pour l’heure c’est la côte ouest qui se profile, Bem vindo à Composta… !